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dimanche 6 mars 2016

Livre de fête du "Carrousel de Monseigneur le Dauphin" de 1686

Parmi mon corpus d'oeuvres se trouve le "Carrousel de Monseigneur le Dauphin" de 1686. Or il se trouve que la BNF de l'Arsenal possède le livre de fête qui était distribué au public venu assister à cet événement et qui permet de savoir ce qui était joué et en quelle occasion. 

s. a. (1686). Carrousel de Monseigneur le Dauphin. Paris : Chez la Veuve Blageart. 


s. a. (1686). Carrousel de Monseigneur le Dauphin. Paris : Chez la Veuve Blageart. 
Extraits choisis faisant mention des trompettes : 

"Les Carrousels estant des Festes Militaires, & Galantes, des Jeux en forme de Combats, des Exercices guerriers changez en Divertissemens, leur Harmonie est ordinairement de deux sortes, l'une Militaire, fiere, & guerriere, l'autre douce & agreable; & l'une & l'autre se trouvent dans celuy-cy, puis que le bruit des Trompettes, & des Timbales y est mêlé à celuy des Hautbois. Quand les Instrumens, qui sont l'ame de ces sortes de Plaisirs, n'y seroient pas necessaires pour exprimer la joye qui doit estre inseparable de toutes les Festes, ils y devroient estre, parce que les Animaux aiment l'harmonie, particulierement celle des Trompettes & es Tambours qui les excitent au Combat, & aux Courses. Il ne faut pas s'étonner si ce qui touche les Animaux, est encore plus sensible aux hommes. Rien ne leur fait chercher la gloire avec plus d'ardeur dans les plus sanglans Combats.  Celle des Prix d'une Feste pareille à celle-cy, n'est pas moins digne d'un coeur remply d'une belle ambition. On exposoit autrefois ces Prix publiquement, afin que ceux qui devoient combattre, fussent excitez à bien faire. Aprés les Courses, on reconduisoit les Victorieux dans leurs maisons au son des Trompettes, & l'Histoire nous marque que l'Empereur Andronic Paleologue les alloit luy-mesme conduire jusqu'à leur Logis, & que là le Victorieux, aprés avoir receu les applaudissemens de tout le monde, donnoit un verre de vin à chacun." ("Carrousel de Monseigneur le Dauphin", 1686, pp. 20-22)

"Tous les Chevaliers, & les Dames s'habilleront en divers Apartemens du Chasteau, aussi-bien que leur suite, & quand l'heure de la Marche approchera, on verra dans la Place qui est entre le Chasteau, & les deux Ecuries du Roy, un Spectacle, qui bien qu'il ne fasse qu'une partie de celuy qui sera sur le point de paroistre, ne laissera pas de surprendre par sa beauté, & d'embarasser les Spectateurs, qui ne sçauront de quel costé tourner la veuë, parce que dans le mesme temps on verra sortir de la grande Ecurie les chevaux que les Chevaliers doivent monter pour le Carrousel, & de la petite Ecurie, ceux qui sont destinez pour les Dames. Ainsi la Marche sera double, & occupera en mesme temps toute la vaste Place qui est au devant de la premiere grille du Chasteau. Mr Dumont Major General des Quadrilles, accompagnera l'Equipage de Monseigneur, précedé de ses Trompettes, Timbaliers, & Hautbois, & suivy de ses Valets de pied." ("Carrousel de Monseigneur le Dauphin", 1686, pp. 27-28)

"Les Estaffiers de Monseigneur le Dauphin seront habillez à la Grecque. Ils auront des Vestes d'étoffes rayées d'or & de bleu, & des Turbans bleus & argent, & le devant de leurs Vestes sera garny de boutonnieres noires, & or. Les Timbaliers, Trompettes & Hautbois seront vestus de mesme couleur, mais le dessein de leur habit est tout different de celuy des Estaffiers, & a quelque chose de plus particulier."("Carrousel de Monseigneur le Dauphin", 1686, p. 30)

"Tout cét équipage se rendra au pied de l'escalier le plus proche de l'Appartement de Monseigneur le Dauphin, où ce Prince montera à Cheval. Il viendra ensuite environné de douze Valets de pied, devancé de ses Timbaliers, Trompettes & Hautbois, dans la seconde Court, où ce Prince joindra Madame la Duchesse de Bourbon qu'il y trouvera environnée de ses Valets de pied." ("Carrousel de Monseigneur le Dauphin", 1686, pp. 30-31)

Rigaud, H. (s. d.). Louis III de Bourbon, Prince de Condé. [huile sur toile]

"Monsieur le Duc de Bourbon, & Mademoiselle de Bourbon, se rendront de leur costé dans la mesme Court, avec leurs Timbaliers, Trompettes, Hautbois, & tous leur Valets de pied." ("Carrousel de Monseigneur le Dauphin", 1686, p. 34)

"Les Valets de pied sont habillez en Persans. Le fonds de leur habit est incarnat avec des ornemens d'argent. Tout le bord de l'habit est noir, & or, leur Turban est à la Persanne. Les Timbaliers, Trompettes & Hautbois ont des habits de la mesme Nation, qui ne laissent pas d'avoir quelque chose de particulier dans leur maniere." ("Carrousel de Monseigneur le Dauphin", 1686, pp. 35-36)

"Ouvre tous les habits dont je viens de parler, & ceux des Trompettes, Timbales, Hautbois, & des Valets de pied de Monseigneur, et de Madame de Bourbon ; de Monsieur de Bourbon, & de Mademoiselle de Bourbon. Il y aura encore six-vingt Estaffiers des Chevaliers, & des Dames, tous richement vêtus, & suivant ce que leurs Maistres, ou leur Maîtresses representent ; de sorte que cette grande diversité produira un agreable effet." ("Carrousel de Monseigneur le Dauphin", 1686, p. 51)

"Mr Dumont Major General des Quadrilles qui sera à la teste de cette Cavalcade, prendra (en remontant) son tour le long du bord de la Court de marbre, comme s'il vouloit aller à l'endroit opposé à celuy où ces deux Quadrilles seront en bataille : Cependant il ne fera que la moitié du chemin qui seroit necessaire pour s'y rendre, & lors qu'il se trouvera dans le milieu de cet espace, il tournera pour poursuivre sa route, & descendre par le milieu de la Court, vis à vis des portes des deux grilles. Ensuite paroistront, Le Trimbalier et les deux Trompettes de Mr le Duc de Saint Aignan." ("Carrousel de Monseigneur le Dauphin", 1686, p. 53)

Subleyras, P. H. (18e siècle). Le duc de Saint-Aignan donnant à Rome au prince Vaini le cordon de l'ordre du Saint-Esprit. [huile sur toile]
"SECONDE QUADRILLE. Les Timbaliers & Trompettes de Monsieur le Duc de Bourbon. Ses Hautbois. Huit Valets de pied de Monsieur le Duc de Bourbon, & huit de Mademoiselle de Bourbon, marchand de la mesme maniere que ceux de Monseigneur le Dauphin, & de Madame de Bourbon" ("Carrousel de Monseigneur le Dauphin", 1686, p. 56)

"On marchera en cét ordre jusques dans la Court de la grande Ecurie, où le Roy sera dans l'Appartement de Mr le Comte d'Armagnac qui est dans l'aisle qu'on trouve à main droite en entrant dans cette Court. Les deux Quadrilles feront le tour des Barrieres au bruit de tous les Instrumens qui les accompagneront, & d'un tres-grand nombre d'autres dont la carriere sera bordée. Les Airs qu'ils joüront ont esté faits exprés pour cette Feste, & sont de la composition de Mr de Lully. On doit remarquer que les Quadrilles tourneront à gauche en entrant, & poursuivront ainsi le tour qu'elles doivent faire le long des barrieres, afin que lors qu'elles passeront sous les fenêtres du Roy, les Dames se trouvent du costé de Sa Majesté. Ce tour estant achevé, tous les Timbaliers, Trompetes, & Hautbois qui auront servy dans la Marche se détacheront & se posteront aux quatre angles de la Carriere, où pour commencer la Comparse, les Quadrilles entreront par l'angle que l'on trouve sur la droite en entrant dans l'Ecurie, & qui se trouve du costé du Roy, & à la gauche de Sa Majesté, Monseigneur ayant fait le demy tour de la carriere prendra le milieu, & se mettra en bataille devant le Roy [...]" ("Carrousel de Monseigneur le Dauphin", 1686, pp. 59-60)

Mignard, N. (17e siècle). Portrait de Jean-Baptiste Lully (1632-1687). [huile sur toile]
"Lors qu'ils auront demeuré quelque temps en cét estat, au bruit du grand nombre d'instrumens dont on a déja parlé, on fera un mouvement assez digne d'être remarqué." ("Carrousel de Monseigneur le Dauphin", 1686, p. 61)

"Les Trompettes suivant ce qui se pratique toûjours dans ces sortes de Spectacles, feront l'Apel aux quatre coins de la Lice, pour donner lieu aux Chevaliers de partir ensemble, & de fournir leurs Courses avec plus d'égalité, & l'on fera des Fanfares à l'ordinaire pour ceux qui auront fait leur quatre Testes, ce qui ne donne pas seulement lieu de faire éclater les applaudissemens qui sont dûs à l'adresse des Chevaliers ; mais ce qui la fait aussi sçavoir à ceux qui n'en peuvent estre entierement témoins, estant ou trop éloignez, ou placez trop peu avantageusement pour voir tout ce qui se passe dans la Lice." ("Carrousel de Monseigneur le Dauphin", 1686, p. 67-68)

"le tour achevé on sortira par la grande porte par laquelle on sera entré dans le mesme ordre, excepté que Mr le Duc de S. Aignan avec ses Trompettes & Timbales, se trouvera à la queuë en sortant de la Carriere, au lieu qu'il aura esté à la teste en y entrant." ("Carrousel de Monseigneur le Dauphin", 1686, p. 70)

lundi 4 janvier 2016

Georges Muffat ou le tremblement instrumental lulliste

Muffat, G. (1931). Premieres observations sur la maniere de jouër les airs de balets a la françoise selon la methode de feu monsieur de Lully. In J.-B. Lully Les ballets [partition]. Paris : Éditions de la revue musicale.
C'est en parcourant l'édition monumentale de l'oeuvre de Lully à la médiathèque Hector Berlioz que je découvre une transcription d'un texte de Georges Muffat sur la manière précise d'interpréter sa musique. Enfin un texte du XVIIe qui va me permettre d'aborder le tremblement instrumental car le traité de Bacilly traite du tremblement dans le chant. Une vraie mine d'or !





mardi 6 octobre 2015

Psyché de Lully

Grâce au hasard de Youtube, je suis tombé sur l'opéra Psyché de Lully dans lequel, 4 ans après Alceste, il récidive dans son utilisation des trompettes d'une façon absolument majestueuse. 

(Lully, 1720, p. 201)



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Lully, J.-B. (1720). Psyché. Paris : J. B. Christophe Ballard.

prostestant7. (2012, 12 janvier). Lully -〈Psyché〉1671, Prelude de Trompettes pour Mars / Paul O'Dette & Stephen Stubbs. [fichier vidéo] Repéré à https://youtu.be/KAc5Ub5vSKU (consulté le 7 octobre 2015)

Musique pour le Carrousel de 1686

Ma visite au CMBV a été reportée suite à des petits problèmes de santé, mais la bibliothécaire m'a très gentiment envoyé le fac-simile du fond Philidor de 1705 dans lequel se trouve un précieux morceau faisant figurer les trompettes.

(Philidor, 1705, p. 129)


Je me pose du coup la question suivante : existe-t-il des livres de fêtes reprenant la description et/ou l'iconographie de ce carrousel de 1686 ? Je connais ceux de 1662 et de 1685 qui m'ont apporté déjà de nombreux renseignements, mais j'aimerai bien retrouver une iconographie en lien précis avec cette partition. 

Et la BNF m'a très gentiment apporté la réponse sur ce lien. 

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Danican Philidor, A. (1705). Partition de plusieurs marches et batteries de tambour tant françoise qu'etrangeres avec les airs de fifre et de hautbois a 3 et 4 parties et pl[usieu]rs marches de timballes et de trompettes a cheval avec les air du carousel en 1686 et les appels et fanfares de trompe pour la chasse. [partition] s. e.

Gilade74. (2011, 10 novembre). Lully Jean-Baptiste -" Fanfares pour Le Carrousel ". [fichier vidéo] repéré à https://youtu.be/g-QbDBmxRb8 (consulté le 7 octobre 2015)

mardi 8 septembre 2015

Vidéo de Mezzo sur la Grande Écurie

Une belle vidéo de Mezzo parlant de la Grande Écurie relayée par le compte Facebook du Château de Versailles dans laquelle on entend la musique du carrousel de 1686 à la fin !


vendredi 4 septembre 2015

Trouvailles à la Philharmonie de Paris

Une bibliothèque que j'ai négligée alors qu'il s'agit d'une des plus grandes mines d'or pour mon sujet avec celle du CNSMDP est la Médiathèque de la Philharmonie de Paris. J'ai trouvé aujourd'hui un très grand nombre d'ouvrages que j'ai consulté et qui m'ont fait bien avancer sur mon sujet. Je vais sûrement y passer encore une vingtaines de séances tant c'est un vivier de toutes les publications ultra-pointues sur la musique qu'on ne peut trouver nulle part ailleurs. 

Ainsi cette préface de Jean-François Madeuf, grand spécialiste de la trompette naturelle qu'il me faudra rencontrer pour mon mémoire. 

“Overshadowed by Jean-Baptiste Lully, Marc-Antoine Charpentier (1634-1704) held the post of maître de musique at the “Sainte-Chapelle” from 1698 until his death. His only known pieces for two trumpets has been included : the “Bruit de trompettes” from the motet “Extremun Dei Judicium” same as the “Fanfare pour les trompettes” in “Acis et Galatée” and a “Fanfare à 2 trompette” (Lully, Charpentier, Delalande et d'Anglebert, 1999)

“André Danican Philidor (1647-1730), known as “l’aisné”, was the royal music librarien of the court at Versailles. He collected, arranged and copied (with his assistants) most of the music of the “Grande Écurie” which is now preserved (under his name) in the Bibliothèque Nationale in Paris." (Lully, Charpentier, Delalande et d'Anglebert, 1999)

“The sign + is a “tremblement” (shake) and begins on the upper note. In fast music, it is possible to begin on the note. It can be “simple”, “double”, etc… Like all french music, the notes are inequal. This inequality acents and proportionately prolongs the strong notes (the first, third, fifth…) compared with the passing notes (the second, fourth, sixth…), which are correspondingly weaker and shorter ; and are slurred with the accentuated ones. It is the same for dotted notes. The degree of inequality depends on the character of the piece and of the player.” (Lully, Charpentier, Delalande et d'Anglebert, 1999)

“The pieces should be played by several players to the part as at Versailles. There should be more players for the first treble part than for the second: but one player suffices for the bass. The bass part is best played on the trombone or bass trumpet (in modern practise) or on natural trumpet (in period practise).” (Lully, Charpentier, Delalande et d'Anglebert, 1999)

(Lully, Charpentier, Delalande et d'Anglebert, 1999)

Un article de Laurence Decobert dans la Revue de Musicologie m'a appris où étaient conservées les partitions de trompette (potentiellement). Elles seraient plutôt à la BnF (ayant migré après la Révolution de Versailles au conservatoire, puis à la BnF) qu'au CMBV. 

“La Collection Philidor […] demeure l’unique source de nombreuses oeuvres composées pour la cour des rois de France, de Henri IV à Louis XIV. Après les déménagements de la période révolutionnaire, une partie de cette collection fut accueillie par la bibliothèque du Conservatoire de musique de Paris tandis que l’autre partie restait à Versailles.” (Decobert, 2007, p. 269)

“La numérisation des manuscrits réalisés par Philidor, Fossard et leur atelier de copistes, décidée par la Bibliothèque nationale de France en 2002, a été l’occasion d’examiner attentivement ces volumes ainsi que les archives de la bibliothèque du Conservatoire qui les mentionnent.” (Decobert, 2007 p. 270)

“L’origine de la collection musicale Philidor / Fossard pourrait remonter à 1665 : c’est ce que laisse entendre le privilège accordé pour la publication des Airs italiens par les deux musiciens en 1695.” (Decobert, 2007, p. 270)

“Nos chers & bien amez André Danican Philidor & François Fosssard, tous deux Ordinaires de nostre Musique, Nous ont fait remonstrer, que depuis trente années, Ils ont recüilly avec soins par nos Ordres, tout ce que les plus celebres Musiciens de l’Europe ont composées de plus beau, tant pour la Musique de Chapelle, Musique de nostre Chambre, Simphonies instrumentales qu’autres Pieces choisies des Operas qui ont estés faits dans les Pays Étrangers dont ils ont rassemblées pour nostre Service plus de mil Volumes écrits à la main qui n’ont point encore esté imprimez dans nostres Royaume” : Privilège des Airs italiens composez par les plus célèbres autheurs, mis en partition … Recueillis par les sieurs Fossard et Philidor l’aîné, ordinaires de la Musique du Roy. Première partie (Paris : Pierre Ballard, 1695)" (Decobert, 2007, p. 270)

“Denis Herlin suggère que Fossard a pu commencer seul cette collecte, travail auquel Philidor se 
serait ensuite associé, peut-être au début des années 1680.” (Decobert, 2007, p. 270)

“Les premiers manuscrits conservés témoignent plus d’une volonté de noter la musique contemporaine composée pour la cour de Louis XIV que les oeuvres des cours précédentes : c’est le cas des Fontaines de Versailles (1683) ou du Ballet de la Jeunesse (1686) de Michel Richard de Lalande, copiés par Philidor. Les premières dédicaces expliquant clairement le dessein de constituer une véritable collection datent de 1689.” (Decobert, 2007, pp. 270-271)

“Volumes conservés à la BnF-Département de la Musique dans le Fonds du Conservatoire
Rés. F. 494 Recüeil // de // Plusieurs vieux Airs faits aux // Sacres, Couronnements, Mariages et autres // Solennitez faits sous les Regnes // de // François 1er, henry 3, henry 4 et // Louis 13 // avec plusieurs concerts faits pour leurs divertissement // Recueillis par Philidor l’Aisné en 1690. - 1 partition ([6]-16-XXXII-126 p.) Roze 1”  (Decobert, 2007, p. 297)

“COLLECTION PHILIDOR
Volumes conservés à la Bibliothèque Municipale de Versailles” (Decobert, 2007, p. 311)

“Manuscrit musical 168 Partition de Plusieurs Marches et batteries de tambour tant françoise qu’Etrangeres … Copie : Philidor.” (Decobert, 2007, p. 313)

En tout cas, peu d'ouvrages traitent spécifiquement des trompettes des plaisirs ou des trompettes de la grande écurie. Il faut donc piocher par endroits des petits bouts de renseignements. D'où l'utilité de mon mémoire sur une partie de répertoire à laquelle peu de personnes, si ce n'est Jean-François Madeuf, se sont intéressés.

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Decobert, L. (2007) La Collection Philidor de l'ancienne bibliothèque du Conservatoire de Paris. Revue de Musicologie, 93(2), 269-316.

Lully, J.-B., Charpentier, M.-A., Delalande, M.-R., d'Anglebert, J.-H. (1999). Pieces for trumpets and timpani, volume 2 [partition]. Monteux : Musica Rara.

vendredi 13 mars 2015

"Alceste" de Lully, première partition avec trompettes en France ?

La trompette a connu une arrivée tardive en France si l'on en croit le Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles : "Utilisée depuis le XVe s. dans les grandes villes pour les sonneries municipales, elle ne fut intégrée à l’orchestre que par Monteverdi dans l’Orfeo (1607). En France, il fallut attendre la disparition complète du cornet à bouquin et l’arrivée de Lully, qui l’emploie dans Alceste en 1674, pour que son usage et son importance s’accroissent." (BENOîT, 1992, p. 694)



Nous aurions donc une partition du dernier quart du XVIIe siècle composée par Jean-Baptiste Lully, compositeur de musique instrumentale à la cour de Louis XIV depuis 1653 (BENOîT, 1992, p. 415). Alceste serait donc la première oeuvre utilisant, en France, la trompette en mettant cet instrument en avant. Pourtant, la Grande Écurie (et son orchestre de trompettes) existe depuis François Ier (BENOîT, 1992, p. 260) ! Lully avait donc dès son installation à Versailles la possibilité d'écrire pour ces instruments. Il ne le fera que vingt-et-un ans après son arrivée. 

LULLY, J.-B. (1674/1703). Alceste [partition]. Paris : Recueil Philidor
Comme le dit Henry Prunières dans l'édition monumentale conservée à la Médiathèque Hector Berlioz : "les trompettes sont rarement marquées, mais on peut conjecturer qu’elles jouent la partie supérieure quand, à la basse, on voit intervenir les timbales" (PRUNIÈRES, 1932, p. XXII). On voit clairement que les parties en clé de sol première, clés d'ut un, deux et trois concernent des trompettes (ou des trombones ou trompettes graves). Dans cette édition, on peut lire le titre "Bruit de trompette" au lieu de "Prélude de trompette" dans le Recueil Philidor de 1703.

LULLY, J.-B. (1674/1703). Alceste [partition]. Paris : Recueil Philidor



Sur cette vidéo, nous pouvons entendre à quoi ressemblait le passage de cet opéra où l'on peut entendre des trompettes, interprété dans une version se rapprochant de l'esthétique de l'époque, justement par un orchestre nommé La Grande Écurie et la Chambre du Roy dirigé par Jean-Claude Magloire. 

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Sources :

Ouvrages :

Écurie (Grande). In M. BENOîT (Ed.), Dictionnaire de la musique aux XVIIe et XVIIIe siècles (p. 260). Paris : Fayard.

Lully. (1992). In M. BENOîT (Ed.), Dictionnaire de la musique aux XVIIe et XVIIIe siècles (p. 415). Paris : Fayard.

LULLY, J.-B. (1703). Alceste [partition] Paris : Recueil Philidor.

PRUNIÈRES, H. (1674/1932) Préface. In J.-B. LULLY Alceste [partition]. (p. XXII). Paris : Éditions de la revue musicale.

VIGNON, J.-P. (1992). Trompette. In M. BENOÎT (Ed.), Dictionnaire de la musique aux XVIIe et XVIIIe siècles (p. 694). Paris : Fayard.

Vidéos :

Bacholoji (2006, 2 juillet). Monteverdi - L'Orfeo - Savall [fichier vidéo]. Repéré à https://www.youtube.com/watch?v=yxBT1pfVAKQ

Lully's Work (2011, 27 mars). Lully: LWV 50. Alceste - Prologue (1) - Malgoire [fichier vidéo]. Repéré à https://www.youtube.com/watch?v=Os8xNiNNIJI