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mercredi 27 avril 2016

Iconographie des Plaisirs de l'Isle Enchantée

Il n'y a pas de trace écrite des partitions de trompette jouées lors de la célèbre fête versaillaise de 1664 : Les Plaisirs de l'Isle Enchantée. Néanmoins, un magnifique livre de fête disponible sur Gallica nous en présente une source iconographique prouvant que les trompettes avaient joué lors de cet événement. Une source rares de trompettistes en train de jouer au XVIIe siècle en France. 

Bizincourt, de, N. (1664). Les plaisirs de l’isle enchantée ordonnez par Louis XIV roy de France et de Navarre. A Versailles le 6. May 1664. s. e., p. 14

vendredi 26 février 2016

Les mentions des trompettes au XVIIe siècle dans le journal du marquis de Dangeau

Philippe de Courcillon, marquis de Dangeau est le principal mémorialiste du règne de Louis XIV (avec le duc de Saint-Simon). Voici les mentions de trompettes dans ses mémoires (disponibles sur Gallica), qui sont l'occasion de voir la place et le rôle de l'instrument au XVIIe siècle. 

Hyacinthe Rigaud, Portrait de Philippe de Courcillon (1638-1720) Marquis de Dangeau, 1702
19 juillet 1684 :
"A neuf heures on entra dans les grands appartements qu'on trouva fort éclairés ; il y eut bal au bout du côté de la galerie ; ensuite il y eut un grand souper où il y avoit quarante femmes et deux tables ; sur le grand degré en bas, toute la musique avec des timbales et des trompettes."
Courcillon (de), P., marquis de Dangeau. (1854). Journal du marquis de Dangeau, t. 1. Paris. Firmin Didot Frères, p. 37

4 mars 1685 :
"Cette quadrille étoit habillée de vert et or. - Le duc de Grammont et moi étions chefs de quadrille et juges du camp. Le roi et toute la cour étoient placés sur les échafauds et dans la place. La marche se fit en cet ordre : Dumont, écuyer de Monseigneur, marchoit le premier et étoit suivi d'un timbalier et de deux trompettes ; ensuite marchoit la quadrille noire [...] Ensuite venoit la quadrille verte en cet ordre : un timbalier, deux trompettes [...] Les trompettes et les timbales étoient hors de la lice, un trompette sonnoit à tous les commencements de course, et, quand quelqu'un avoit emporté les quatre tête, les trompettes et les timbales se faisoient entendre."
Courcillon (de), P., marquis de Dangeau. (1854). Journal du marquis de Dangeau, t. 1. Paris. Firmin Didot Frères, p. 130

4 juin 1685 :
"Lundi 4, à Versailles. - Le carrousel. - [...] La comparse finie, nous marchâmes chacun à nos postes qui étoient aux quatre coins du manége, ayant nos vingt chevaliers à chaque coins avec leurs pages et leurs estafiers derrière eux, et des timballes et des trompettes dans les angles par delà la barrière."
Courcillon (de), P., marquis de Dangeau. (1854). Journal du marquis de Dangeau, t. 1. Paris. Firmin Didot Frères, pp. 184-185

6 octobre 1688 : 
"L'électeur palatin avoit envoyé, par un trompette, un lettre pour le roi."
Courcillon (de), P., marquis de Dangeau. (1854). Journal du marquis de Dangeau, t. 2. Paris. Firmin Didot Frères, p. 180

4 novembre 1688 :
"Jeudi 4, à Fontainebleau. - Le roi, à sa messe, fit chanter le Te Deum pour la prise de Philipsbourg, et beaucoup de timballes et de trompettes étoient jointes à sa musique."
Courcillon (de), P., marquis de Dangeau. (1854). Journal du marquis de Dangeau, t. 2. Paris. Firmin Didot Frères, p. 203

7 août 1693 : 
"Vendredy 7, à Marly. - On a encore apporté au roi des drapeaux et des étendards. Ruvigny, qu'on croyoit mort, et dont le lendemain du combat un trompette étoit venu chercher le corps sur le champ de bataille, est retourné dans l'armée du prince d'Orange en bonne santé. Apparemment il avoit été pris et a été relâché."
Courcillon (de), P., marquis de Dangeau. (1855). Journal du marquis de Dangeau, t. 4. Paris. Firmin Didot Frères, p. 337

29 juin 1695 : 
"Mercredi 29, à Marly. [...] Un déserteur alla porter au prince Louis la nouvelle de la maladie du  maréchal de Lorges ; le prince Louis de Bade le fit arrêter, renvoya quatre chevaux que le déserteur avoit emmenés avec lui, et donna ordre à un trompette du maréchal qui étoit dans son camp de dire à son maître qu'il lui enverroit son médecin qui étoit très-bon, et lui fit faire toutes sortes d'honnêtetés ; à quoi le maréchal a répondu de même et sans vouloir pourtant accepter l'offre de faire venir le médecin."
Courcillon (de), P., marquis de Dangeau. (1855). Journal du marquis de Dangeau, t. 5. Paris. Firmin Didot Frères, pp. 229-230

13 janvier 1700 :
"Le soir après souper madame la duchesse de Bourgogne alla en masque chez le roi avec des tambours et des trompettes et y resta jusqu'à minuit à danser."
Courcillon (de), P., marquis de Dangeau. (1856). Journal du marquis de Dangeau, t. 7. Paris. Firmin Didot Frères, p. 230

mardi 8 septembre 2015

Vidéo de Mezzo sur la Grande Écurie

Une belle vidéo de Mezzo parlant de la Grande Écurie relayée par le compte Facebook du Château de Versailles dans laquelle on entend la musique du carrousel de 1686 à la fin !


dimanche 6 septembre 2015

Les plaisirs de Versailles sous le règne de Louis XIV

"Ce fut une lente construction qui occupa tout le règne. Tout préexistait, certes : les cordes en orchestre (les Vingt-quatre violons), les chanteurs et les instruments de la Chambre, les vents de l'Écurie, les choeurs de la Chapelle, chaque groupe avec ses propres caractéristiques, mais en ordre dispersé. On aimait à opposer des ensembles de hautbois aux violons ; des choeurs de luths aux violes. Il avait fallu les grandes cérémonies extraordinaires, profanes ou religieuses, pour réunir tout ce beau monde : c'était souvent hors des palais de la couronne, les salles ne pouvant recevoir tant de musiciens." (Duron, 2007, pp. 51-52)

"L'orchestre français de la fin du XVIIe siècle se pensait au contraire comme un vaste plein jeu d'orgue où tous les instruments se trouvaient réunis : cordes, bois (flûtes à bec, flûtes traversières, hautbois et bassons) et, si l'on voulait, trompettes et timbales." (Duron, 2007, pp. 53-54)

"La trompette était avant tout un instrument militaire qui par sa puissance convenait aux cérémonies extérieures. Lully avait donné l'exemple en l'employant dans des divertissements et dans ses oeuvres lyriques, et ses successeurs lui réserveront un rôle mais en se souvenant toujours de sa vocation militaire et en l'associant immanquablement aux timbales. Les XVIIe et XVIIIe siècles ne connaissent évidemment que la trompette sans pistons. Fait de cuivre, parfois d'argent, son tube étroit reste cylindrique jusqu'aux deux tiers de sa longueur après quoi il devient conique et se termine par un pavillon évasé. Cette perce cylindrique est à l'origine du son éclatant qui la caractérise. [...] On construisait les trompettes dans des tons différents, mais en France on les rencontre surtout en ut ou en ré. Son étendue est grande mais il s'agit d'un instrument qui ne donne que les harmoniques du son fondamental, si bien que sur les deux premières octaves on ne trouve que peu de notes (pour une trompette en ut : do, sol, do, mi sol, si bémol, do) il faut atteindre la troisième octave pour pouvoir lui confier une gamme diatonique avec en plus quelques chromatismes... et encore certaines notes sont difficilement justes. Les pages où intervient la trompette réclament souvent de gros effectifs. On peut compter trois manières de l'exploiter : 1) fanfares avec jeu sur les premiers harmoniques dans des pièces qui s'apparentent à des marches; 2) phrases mélodiques qui obligent à utiliser l'instrument dans l'aigu, sur la troisième octave; 3) rôle harmonique qui se caractérise par des tenues sur les degrés importants de la tonalité, souvent tonique ou dominante. C'est ce dernier usage qui sera retenu après 1750. Cette fonction harmonique, qui représente une utilisation moderne de la trompette, n'a apparemment pas été pressentie par Lully. Il semble qu'il faille attendre 1693 et Médée de Charpentier pour trouver des tenues de trompettes sur des degrés importants ; néanmoins, un des plus beaux exemples de cette emploi, encore rare à l'époque, se trouve dans le prologue d'Alcine (1705) de Campra." (Lemaître, 2007, pp. 131-132)

(Lemaître, 2007, p. 132)

(Campra, 1705, p. 11)
(Campra, 1705, p. 12)
(Campra, 1705, p. 15)
(Campra, 1705, p. 16)


***

Campra, A. (1705). Alcine [partition]. Paris : Pierre Ribou

Duron, J. (2007). Cette musique charmante du siècle des héros. Les plaisirs de Versailles sous le règne de Louis XIV, 51-78

Lemaître, E. (2007). Une discipline d'orchestre. Les plaisirs de Versailles sous le règne de Louis XIV, 113-145

jeudi 3 septembre 2015

Préparer sa visite au CMBV

Il y a trois principales bibliothèques qu'il faudra que je visite pour chercher des partitions :
- le Centre de Musique Baroque de Versailles
- la Bibliothèque Nationale de France
- la Bibliothèque Municipale de Versailles

Étant habitué des salles d'archives, je sais à quel point il est important de préparer ses visites en cherchant sur internet les ouvrages à consulter.



mercredi 26 août 2015

Françoise WAQUET : "Philidor l'ainé, ordinaire de la Musique du Roy et garde de tous les livres de sa Bibliothèque de Musique"

André Danican Philidor, dit Philidor l'aîné, fut ordinaire de la musique du roi ainsi que son bibliothécaire. C'est donc une piste sérieuse pour retrouver des partitions de sonneries de trompettes du XVIIe siècle. 

(d'Hozier, 1701m,  p. 1351)
Sur le formidable site JSTOR, j'ai trouvé un article de Françoise Waquet, historienne travaillant au CNRS, sur ce compositeur et musicien. Voyons ce qui concerne les trompettes. 

"Philidor, en effet, était le garde de la Bibliothèque de Musique du roi et, à ce titre, s'efforçait de retrouver et de rassembler la musique qui avait diverti la "jeune cour" de Louis XIV comme les règnes précédents et d'alimenter par ses copies un dépôt du répertoire au service des grands corps de musique de cour." (Waquet, 1980, p. 203)

"André Danican Philidor appartenait à une dynastie de musiciens qui s'imposèrent, suivant l'expression de Norbert Dufourcq et de Marcelle Benoit, comme "les rois de l'Écurie" où ils régnèrent pendant quelque soixante-dix ans. Dès 1651, on relève la présence dans ce corps de musique de Michel Danican (+ 1659) qui s'illustra comme joueur de cromorne,  de trompette marine et de hautbois." (Waquet, 1980, p. 204)

"André Danican Philidor (?-10 août 1730) apparaît pour la première fois, en 1661, sur les états de la Musique de l'Écurie comme joueur de quinte, de cromorne et de trompette marine, charge qu'il conserva jusqu'en 1685." (Waquet, 1980, p. 205)

S'ensuit une analyse des contrats de mariage de ses enfants et de son inventaire après décès. Rien sur sa charge ni sur la Musique de l'Écurie. 

***

d'Hozier, C. (1701). Volumes reliés du Cabinet des titres : recherches de noblesse, armoriaux, preuves, histoires généalogiques. Armorial général de France, dressé, en vertu de l'édit de 1696, t. XXIV Paris, II. [manuscrit]

Waquet, F. (1980). Philidor l'ainé, ordinaire de la Musique du Roy et garde de tous les livres de sa Bibliothèque de Musique. Revue de Musicologie, 66 (2), 203-216, doi : 10.2307/928489