mercredi 7 octobre 2015

Gallica parle de ce blog

J'ai eu le plaisir de découvrir que Gallica/BnF parle de ce blog dans sa rubrique "Du côté des Gallicanautes".


J'essaye en effet de développer l'idée de bouteille à la mer en terme de recherche à travers ce blog. Qui sait qui peut atterrir ici grâce aux requêtes Google, pouvant ainsi mettre en relation ses recherches et les miennes, éventuellement m'apporter de nouvelles pistes de recherches. Et il est vrai qu'en terme de partitions anciennes et rares, Gallica reste LA référence où j'ai trouvé de nombreux et précieux documents du XVIIe siècle. 


Merci à eux en tout cas de promouvoir ce blog. Cela permettra peut-être de réaliser des échanges avec d'autres passionnés par le sujet des trompettes en France au XVIIe siècle et du répertoire pratiqué. 

mardi 6 octobre 2015

Psyché de Lully

Grâce au hasard de Youtube, je suis tombé sur l'opéra Psyché de Lully dans lequel, 4 ans après Alceste, il récidive dans son utilisation des trompettes d'une façon absolument majestueuse. 

(Lully, 1720, p. 201)



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Lully, J.-B. (1720). Psyché. Paris : J. B. Christophe Ballard.

prostestant7. (2012, 12 janvier). Lully -〈Psyché〉1671, Prelude de Trompettes pour Mars / Paul O'Dette & Stephen Stubbs. [fichier vidéo] Repéré à https://youtu.be/KAc5Ub5vSKU (consulté le 7 octobre 2015)

Musique pour le Carrousel de 1686

Ma visite au CMBV a été reportée suite à des petits problèmes de santé, mais la bibliothécaire m'a très gentiment envoyé le fac-simile du fond Philidor de 1705 dans lequel se trouve un précieux morceau faisant figurer les trompettes.

(Philidor, 1705, p. 129)


Je me pose du coup la question suivante : existe-t-il des livres de fêtes reprenant la description et/ou l'iconographie de ce carrousel de 1686 ? Je connais ceux de 1662 et de 1685 qui m'ont apporté déjà de nombreux renseignements, mais j'aimerai bien retrouver une iconographie en lien précis avec cette partition. 

Et la BNF m'a très gentiment apporté la réponse sur ce lien. 

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Danican Philidor, A. (1705). Partition de plusieurs marches et batteries de tambour tant françoise qu'etrangeres avec les airs de fifre et de hautbois a 3 et 4 parties et pl[usieu]rs marches de timballes et de trompettes a cheval avec les air du carousel en 1686 et les appels et fanfares de trompe pour la chasse. [partition] s. e.

Gilade74. (2011, 10 novembre). Lully Jean-Baptiste -" Fanfares pour Le Carrousel ". [fichier vidéo] repéré à https://youtu.be/g-QbDBmxRb8 (consulté le 7 octobre 2015)

vendredi 2 octobre 2015

Quel plan pour le mémoire ?

Faire un plan de mémoire ne me semble pas très facile, mais c'est la première étape obligatoire pour structurer sa pensée. Ce plan est amené à évoluer régulièrement. 

I. Quel est le répertoire pour trompette au XVIIe siècle en France ? 
I. 1. La trompette au XVIIe siècle
I. 2. Le rôle de l'instrument au XVIIe siècle
I. 3. L'orchestre de la Grande Écurie
I. 4. Les partitions existantes

Mettre en avant ce qui va perdurer, ce qui va se transformer, et comment dans la partie I. 

II. Quels peuvent-être les apports pédagogiques du répertoire du XVIIe siècle ?
II. 1. 1. Quel répertoire pour la trompette aujourd'hui ?
II. 1. 2. À quels niveaux d'élèves le répertoire du XVIIe siècle peut-il s'adresser ? (intérêts musicaux et culturels de ce répertoire par rapport à l'existant).
II. 2. Quels sont ses apports du point de vue de l'organologie ? 
II. 3.  Quels sont ses apports du point de vue du répertoire ? 
II. 4.  Quels sont ses apports du point de vue de la compréhension des systèmes de notation ? 
II. 5.  Quels sont ses apports du point de vue des ressources techniques ? 
II. 6. Comment le travail de ce répertoire s'articule-t-il avec le SNOP ?

III. Expérimentation
III. 1. Présentation du protocole
III. 2. Analyse des séances de travail
III. 3. Synthèse des apports observés lors du travail de ce répertoire

vendredi 18 septembre 2015

Répertoire d'iconographie de la musique ancienne, Basel (RIMAB)

Grâce à ma rencontre avec Florence Gétreau (directrice de recherche au CNRS), j'ai fait connaissance du site internet RIMAB, reprenant des travaux franco-suisse effectués en 2009 sur la Grande Écurie. Voici quelques documents rassemblés sur mon sujet : 

"Les Instrumens de la Symphonie Militaire ne sont pas seulement pour donner le signal aux Soldats, de ce qu'ils ont à faire, mais encore pour les animer au combat à la façon des Lacedemoniens. La Cavalerie se sert de Trompetes & de Timbales. La Trompete est un Instrument d'airain doublement courbé, que Higinus dit avoir esté inventé par Thireime fils d'Hercule." (Gaya (de), 1678, p. 142)

"Il n'y a pas de Compagnie de Gendarmerie, ny de chevaux Legers, qui n'ait pour le moins un Trompete pour sonner boute-selle, à l'Etendar, à cheval, la charge, l'appel & la retraite." (Gaya (de), 1678, pp. 142-143)

(Gaya (de), 1678, fig. 19 p. 142)
Le site RIMAB contient de nombreuses sources d'iconographie de la trompette au XVIIe siècle qui me manquait tant ! 

(Manesson-Mallet, 1684a, p. 27)

(Manesson-Mallet, 1684a, p. 27)
"Le Trompette est un homme de cheval commis pour sonner de la Trompette, d'où il prend son nom. La Trompette est un des plus agreables instrumens militaires que nous ayons ; elle est fait d'argent, de rosette, ou de cuivre rouge, & le plus souvent d'airain. Le corps de la Trompette est formé d'un long Tuyau doublement courbé, comme est le marqué A. Les plus considerables parties de la Trompette & de ses ornemens sont
L'Embouchure B.
Le Bouton C.
Le Pavillon D.
Un Cordon de soye, d'or ou d'argent E.
La Sourdine F. &
Sa Banderolle G. C'est sur cette Banderolle que l'ont peint, ou que l'on brode d'ordinaire les Armes du Mestre-de-camp, à qui appartient le Trompette. Le Trompette doit être un homme de fatigue & vigilant, pour être prest à toute heure d'executer les Commandemens de sonner, dont les plus considerables sont,
Le Bouteselle ou à cheval, pour avertir les Cavaliers qu'ils ayent à s'apréter.
A l'Etendard, pour monter à cheval.
L'Appel, pour redresser les Troupes quand elles se perdent de nuit, ou pour se faire reconnoître.
La Marche.
La Charge, quand il est question de combattre.
La Retraite, quand il faut se retirer.
Le Guet, aussi-tôt que l'ordre est distribué.
La Sourdine, quand il faut marcher à petit bruit.
Chaque Compagnie de Cavalerie doit avoir son Trompette, qui porte la livrée du Prince ou du Colonel à qui appartient le Regiment. Il doit toujours être logé ou campé avec sa Compagnie. Il prend d'ordinaire l'ordre du Maréchal des Logis.
Le Trompette doit être un homme discret, principalement quand il est employé dans les Pourparlers, où il ne doit jamais se servir d'autres termes que de ceux dont il est chargé, & ne s'ingerer jamais de donner aucun conseil ; afin que dans les Conferences & dans les Traitez on ne trouve point d'ambiguité ni de sentimens contraires à ceux qu'il a proposez." (Manesson-Mallet, 1684b, p. 96)

(Manesson-Mallet, 1684b, p. 97)
Je trouve également un nouveau recueil à consulter à la BnF (les documents étant disséminés entre la Bibliothèque Municipale de Versailles, celle du conservatoire et la BnF).


Une petite visite à Bâle s'imposera peut-être si certains documents sont uniquement conservés là-bas.



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Gaya (de), L. (1678). Traité des armes, des machines de guerre, des feux d'artifice, des enseignes, et des instrumens militaires. Paris : Sébastien Cramoisy.

Manesson-Mallet, A. (1684). Les travaux de Mars, ou l'art de la guerre, t. 2. Paris : Denys Thierry.

Manesson-Mallet, A. (1684). Les travaux de Mars, ou l'art de la guerre, t. 3. Paris : Denys Thierry.

mardi 8 septembre 2015

Retour chez Marcelle Benoît

Marcelle Benoît est la seule auteur trouvée à ce jour qui parle de la Grande Écurie dans ses ouvrages (du moins avec un très haut degré de détail). Je reprends ici quelques passages qui me semblent intéressants de son ouvrage : Versailles et les musiciens du roi 1661-1733. 

"Qu'entend ce "grand public" dans les dernières décades du XVIIe siècle ? 
1° Une musique de plein air, de circonstance, solidaire des événements de la nation, que clament des sonneurs de trompettes, des batteurs de tambours, des symphonistes." (Benoît, 1971, p. 9)

"En premier lieu, la famille des trompettes, qui pose un problème de terminologie. Car nous rencontrons sur les registres les trois groupes d'instrumentistes suivants : 
quatre trompettes des Plaisirs, 
huit trompettes de l'Écurie, 
quatre trompettes de la Chambre. 
Leur appartenance s'établit ainsi : ceux des Plaisirs font en réalité partie de la Maison militaire du roi, et se rattachent aux Gardes du Corps. [...] Ceux de l'Écurie portent bien leur nom, mais pour l'honneur seulement, car, en majorité, ils ne servent pas ou servent exceptionnellement. Ceux de la Chambre, en revanche, travaillent double, si l'on peut dire : on les entend à la fois à la Chambre et à l'Écurie. Par abréviation, on les nomme "de la Chambre", leur titre au long étant "de la Chambre et Ecurie" : désignation approximative, d'ailleurs, car, administrativement, ils dépendent de l'Écurie. "Quoique les Trompettes de la Chambre soient de la Grande Ecurie, M. le Grand Ecuïer les appelle Trompettes de la Chambre dans leurs certificats de service et au certificat de leur prestation de serment de fidélité au bas de leurs provisions." Par conséquent, un tiers seulement de nos musiciens exercent régulièrement leur charge. Plusieurs actes nous en apportent la confirmation : "Il y a douze trompettes, mais il n'y en a que quatre qui servent ordinairement. C'est a cause de leur service continuel et durant toute l'année qu'ils prennent la qualité de trompettes de la Chambre et Ecurie." Et encore : "Des douze trompettes de la Grande Ecurie, M. le Grand Ecuïer en choisit quatre appelez particulièrement les quatre Trompettes ordinaires de la Chambre du Roy, qui servent auprès de S.M." (Benoît, 1971, p. 218)

"Quels services rendent les quatre élus de ce corps ? "Leur fonction est de sonner à la tête des chevaux du carosse du Roy, principalement dans les voyages et quand le Roy entre dans les villes." "Quand le Roy fait une revue, les quatre trompettes marchent à la tête des chevaux du carosse de la Reine, si elle y est. A l'armée, les trompettes de la chambre marchent avec le Roy deux alternativement et sont commandés en commission pour porter les ordres pour les contributions." 
Voici l'énumération des circonstances où nos hommes prêtent encore leur concours : les publications de paix, de trêves, les transports de drapeaux, les entrées d'ambassadeurs étrangers; les baptêmes des Enfants de France; les mariages, sacres des rois et reines; les pompes funèbres de la famille royale; les lits de justice au Parlement; la cérémonie des pains bénits; les Te Deum à Notre-Dame. Des détails nous renseignent sur la présence, lors des cérémonies extraordinaires, aux côtés des quatre trompettes ordinaires, des trompettes non servants, qui profitent du prochain sacre de Louis XV pour revendiquer leurs droits, notifiant qu'ils "doivent remplir le nombre du surplus, conformément aux statues [sic] de leur charge". L'effort des quatre servants de l'Écurie se trouve également jumelé, dans les grandes occasions, à celui des quatre trompettes des Plaisirs évoqués plus haut, ou de diverses autres compagnies militaires, ce qui ne va pas sans entraîner des contestations, des querelles de préséance, des protestations de supériorité professionnelle, des revendications vestimentaires... Sur ces points, les cérémonies du sacre de Louis XV déchaînèrent les susceptibilités et les passions, des questions de profit compliquant encore le débat. Les ordres de marches en cortège provoquent des litiges, et la cohorte des trompettes à cheval entourant le carrosse royal dans les défilés résonnait d'harmonies qui cachaient bien des discordances. "Sy on nous oste le poste que nous avons occupez de tous tems, nous ne sçavons ou nous devons nous mettre pour le servisce a venir", récrimine un trompette de la Chambre et Écurie. Après la mort de Louis XIV, en effet, les trompettes de l'Écurie luttèrent pour ne pas se laisser supplanter par ceux des diverses compagnies de la Maison militaire du roi." (Benoît, 1971, pp. 219-220)

"A la fois hérauts, messagers, hommes de guerre, officiers d'apparat, symphonistes de plein air, ils côtoient sans cesse le roi, entourent son carrosse dans les défilés, l'introduisent en grande pompe au sanctuaire, annoncent son entrée dans les appartements, sonnent ses triomphes à l'armée, rassemblent les sujets autour de sa personne dans les tournées provinciales. Ils participent à chaque événement heureux ou malheureux de la Cour; leur rôle revêt ainsi un caractère utilitaire. 
L'Auvergne se révèle comme le berceau des joueurs de trompette de la musique royale pendant près de deux siècles. De la région de Riom-ès-Montagne, dans le Cantal, monte à Versailles la plus célèbres dynastie de trompettes. De père en fils, de frère à frère, d'oncle à neveu, les Rhodes maintinrent dans leur famille ce titre, jusqu'à investir la plupart des postes au fur et à mesure de leur vacance. S'ils figuraient déjà parmi les trompettes de l'Écurie en 1539, l'état de 1661 dénombre huit Rhodes sur les douze officiers inscrits. En 1732, un Rhodes encore se fait le porte-parole de ses camarades pour réclamer... des chapeaux. Tard dans les XVIIIe siècle, on conservera leurs traces." (Benoît, 1971, p. 220)

Vidéo de Mezzo sur la Grande Écurie

Une belle vidéo de Mezzo parlant de la Grande Écurie relayée par le compte Facebook du Château de Versailles dans laquelle on entend la musique du carrousel de 1686 à la fin !